• enfer et damnation [privé]


    Vendredi 23 Juillet 2021 à 18:19
    Cafevy

    Mozart Handschmann;

    Le chaos assourdissant des midis à la cantine résonnait sans grand mal dans la pièce. Les bruits d'aciers des couverts qui s'entrechoquaient, des verres reposaient un peu trop violemment sur les tables mélangés aux cris incessants de certains élèves un peu trop ravis de se retrouver (et Mozart ne pouvait que trop bien les comprendre) commençaient à lui monter à la tête. Mais elle avait appris à s'y faire, gardant pourtant un œil avisé pour quelques petits troubles faits qui s'autoriseraient la moindre bêtise en se disant que certains pions ne soient pas là, trop occupés à manger pour pouvoir les surveiller. Une petite tête blonde réquisitionnait pourtant toute son attention, sur ses genoux: une petite tête pas si blonde que ça finalement, mais qui ressemblait comme deux gouttes d'eaux à sa mère qui partageait un repas à peu près tranquille avec son collègue et meilleur ami, Rory. Parce qu'elle aimait bien l'appeler Rory, quand on se contentait généralement de Donovan. C'était là les avantages d'avoir su se faire une place dans le cœur et dans la vie du psychologue. En tout bien tout honneur, bien évidemment.

    Occupée à faire doucement sauter sa fille sur ses genoux quand elle avait fini de se repaitre, elle avait tendu l'oreille pour quelques bruits qui s'intensifiaient, là bas, de l'autre côté de la table. S'excusant auprès de sa compagnie, une phrase lui faisait froncer les sourcils: le cantinier avait disparu. Comment ça disparu ? Floyd ? Son Floyd ? Disparu ? Alors qu'on comptait sur lui pour nourrir un nombre incommensurable de bouches affamées, plus avides de frites que de savoir ? C'était pas possible. Quelque chose ne tournait pas rond.

    Alors, investie d'une mission des plus importantes, Mozart avait gentiment confié le petit monstre qu'elle avait pondu à Rory, un petit sourire contrit sur le visage, quand elle savait qu'il appréciait sincèrement la compagnie des enfants. Un miracle, d'ailleurs, qu'il puisse supporter Renate. Mais l'intérêt était réciproque, si bien qu'aucune déconvenue n'était à craindre. Un miracle, encore une fois, c'était bien le mot qu'il fallait employer, et la pionne ne s'en cachait pas.

    A contre courant, elle avait tenté de se frayer un passage dans la foule d'étudiants qui se battaient pour un petit bout de pain supplémentaire. Des lycéens, plutôt, si elle en croyait son expertise après avoir laissé son regard errer quelques secondes sur les têtes en contrebas. Si Floyd n'était pas derrière les fourneaux à cette heure si, il ne pouvait être qu'à un seul endroit: la réserve. Pourquoi ? Ca, ça restait encore à voir, mais Mozart avait une petite idée. Une petite idée qui l'agaçait. Si elle tenait la petite vermine qui avait (supposément) osé dire que la nourriture de la cantine n'était pas aussi bonne qu'elle l'était, ça allait chauffer.

    Toquant à la porte, sans trop de délicatesse, elle avait fini par l'ouvrir. La porte. Et sa gueule, par la même occasion:

    — Floyd ? T'es là ? On a dit que tu avais disparu, à la cantine !

    Puis, le repas avait pas été aussi immonde que ça, bien au contraire. De toute manière, quoi que fasse le cuisinier, Mozart trouvait toujours que c'était un délice. L'amour ? Non. C'était un jugement tout à fait objective qui n'engageait en rien l'intérêt qu'elle pouvait nourrir pour le jeune homme. Floyd Bartolomew Presley était le meilleur cuisiner de la côte. De Eastwood. D'Amérique.

    Que disait-elle ? Du monde, même !

    Mardi 27 Juillet 2021 à 02:27
    Upside

    Floyd Presley:

    La journée avait bien commencé, il n'avait rien fait tombé, ne s'était pris aucun coin de meuble et il faisait plutôt beau dehors. Qu'est-ce qui aurait pu mal se passer? À vrai dire, tout. La journée commençait bien, trop bien. C'était suspect. Il aurait dû s'y attendre dès le moment où il a mis un pied dans la cuisine de la cantine, son tablier bien noué et sa petite charlotte blanche sur ses cheveux noirs. Il s'était affairé toute la journée sur le plat qu'il allait servir ce midi aux nombreux pensionnaires, s'efforçant de le rendre plus goûteux avec l'aide de ses collègues. Dur de rendre meilleur les haricots mollassons que la société de restauration leur apportait mais le coeur y était et le résultat n'était pas si terrible.

    Les douze coups de midi avaient sonné et les mille coups dans la porte de la cantine aussi, le brouhaha montait peu à peu et Floyd se mit au service, tendant les assiettes avec cordialité tandis que tous les élèves qui passaient devant lui semblaient s'être donné le mot pour baisser les yeux aujourd'hui aussi. Il ne se risqua pas à leur proposer du rab cette fois-ci, peu étaient les audacieux qui avaient une envie sincère de se resservir ce genre de haricots. À part peut-être Mozart. Mais Mozart, elle était pas comme les autres, elle avait l'air de savoir apprécier les efforts qu'il mettait dans chaque repas, chaque jour, en chaque instant.

    Plusieurs pensionnaires avaient à présent terminé leurs plateau, enfin, "terminé" était un bien grand mot, quelques uns avaient tout de même préféré passer au dessert avant de finir leurs assiette, malheureusement. Il y avait toujours quelques fines bouches ou alors de petits estomacs, oui. De petits estomacs. Le problème était bien trop souvent la taille de l'estomac et non pas le goût du plat. Même si y avait vraisemblablement de la place pour leur mousse au chocolat. Mais la mousse au chocolat ça glissait tout seul non?

    Il essayait de pas perdre espoir, Floyd, les haricots, c'était les haricots.

    - C'était pas très bon hein?

    C'était le coup de grâce. La goutte d'eau qui a mit le feu au poudre. Il venait d'entendre que le repas n'était pas très bon. Pas très bon. C'en était trop. Floyd fit demi-tour, abandonnant son tablier, délaissant sa mission et ses collègues pour se retrouver seul avec lui-même dans la remise. C'était toujours là qu'il allait quand il remettait en question l'essence même de son existence, c'est-à-dire: cuisiner.

    Il ressassait le processus d'assaisonnement des haricots préfabriqués cherchant ce qui aurait pu foirer ou ce qu'il pouvait essayer d'améliorer quand il entendit un bruit sourd. La porte de la remise venait de s'ouvrir bruyamment, accompagnée d'une voix plus que familière.

    — Floyd ? T'es là ? On a dit que tu avais disparu, à la cantine !

    Il pouvait reconnaître cette voix entre mille, ça ne pouvait être qu'une seule personne, Mozart. Il pensait que sa disparition subite allait passer inaperçu et fut un peu touché de voir qu'une personne était partie à sa recherche, comme quoi le monde avait encore un peu besoin de lui. Il s'éclaircit la gorge avant de répondre de sa voix grave.

    — Oui, je suis là!

    Le cantinier s'était éclipsé pour traverser seul une crise existentielle comme il lui arrivait d'en faire, mais la compagnie de la jeune femme ne serait pas de refus, elle avait toujours les mots et la bonne humeur pour le rassurer et rendre le monde autour d'elle plus coloré.

    — Et puis j'ai vraiment disparu. Je suis venu me ressourcer dans l'endroit où les plats ne sont pas encore des plats.

    Chercher des réponses à la racine de son travail peut-être, pour pas avouer qu'il avait juste pas envie qu'on le voit désespérer.

    Dimanche 22 Août 2021 à 23:56
    Cafevy

    Mozart Handschmann;

    Une voix grave, sortant d'outre-tombe, la faisait sursauter. Partie à la recherche d'un cuisinier porté disparu depuis quelques (trop longues) minutes, qui ressassait inlassablement la moindre pincée de sels qu'il aurait pu ajouter à ses haricots en boites qu'on lui avait mis sur les bras pour le repas des étudiants. Force était de constater qu'il s'efforçait, toujours, à offrir le plus de choix possible, le plus de mets délicats qu'on pouvait se permettre de donner à des adolescents affamés plus terrible qu'une horde de la plus terrible espèce.

    Oui, je suis là!

    Guidée au son de sa voix, Mozart se dirigeait jusqu'à l'homme, replié sur lui même dans un coin de la pièce, froide, réchauffée par sa présence rayonnante. Un sourire sur les lèvres, quoi qu'inquiète de l'état dans lequel elle venait de trouver son ami, elle s'était baissée à son niveau, prête à écouter ses élucubrations dramatiques quand à l'amertume des plats qu'il avait servi.

    Et puis j'ai vraiment disparu. Je suis venu me ressourcer dans l'endroit où les plats ne sont pas encore des plats.

    Poète à ses heures perdus passées à se morfondre, la jeune femme était bien décidée à ne pas le laisser se perdre trop loin et le ramener, manu militari, jusqu'aux berges de ses créations.

    — Qu'est-ce que tu racontes là ?

    Une idée de ce qui lui causait ce mélodrame digne des plus grands écrivains anglais, accroupie face à lui, une petite moue boudeuse déformait les traits de son visage anguleux d'habitude si lumineux et éclairé.

    — Faut se ressaisir mon vieux !

    Les mains sur ses épaules musclées, ne s'empressant pas vraiment de la moindre convenance, de ce que l'on devait faire ou non avec ses collègues (quand elle avait bien conscience de souvent dépasser les limites d'un bon paquet de ses collègues, en commençant par une sacrée brune qui faisait tourner la tête de son psychologue scolaire préféré), elle tentait de le secouer, dans l'espoir que deux neurones se cognent, et que la confiance en naisse, comme frappée par une foudre divine.

    — T'as pris un coup de chaud derrière tes fourneaux ?

    Si c'était le cas, Mozart était déjà prête à s'élancer sur ses grandes jambes pour courir jusqu'au lavabo le plus près, histoire de lui servir un verre, et de quoi se rafraichir la nuque dans la même foulée. Elle marchait vite, et encore plus, motivée par l'intérêt tout particulier qu'elle portait déjà au chaton mais dont il ne semblait pas tout à fait conscient.

    L'autrichienne, en revanche, se doutait bien de ce qui se tramait, mais faisait passer ses emportements pour ceux tout naturels qui la connaissait à longueur de journée et qui épuisait ses collègues.

    — T'as inhalé du poivre en cuisinant ?

    Parce que ça aussi, ça pouvait faire du mal, non ? Qu'est-ce qu'elle en savait, elle qui était pas très convaincante, une poêle entre les mains.

    — Où tu t'es coupé avec un couteau ?

    Elle en avait encore beaucoup des comme ça, Mozart, alors Floyd avait plutôt intérêt à vite se prononcer avant de sentir le sang taper à toute force dans ses tempes et lui flanquer un sacré mal de crâne.

    Samedi 28 Août 2021 à 11:38
    Upside

    Floyd:

    Le temple de solitude qu'était la réserve ne l'était plus tellement depuis qu'une jeune femme l'y avait rejoint, envahissant toute la pièce de sa présence. Elle rayonnait, même, chassant les zones d'ombre dans lesquelles Floyd essayait de se réfugier. Difficile de songer aux petits et grands malheurs de la vie quand Mozart était dans la même pièce. Elle s'était avancée jusqu'à lui, posant ses mains sur ses épaules avant de se lancer dans un discours d'encouragements.

    Se ressaisir. Oui. En effet ce serait pas une trop mauvaise idée. Mais il envisagerait cette proposition quand il aurait réussi à se ressourcer spirituellement de cet affront qu'il avait pris un peu trop personnellement quelques instants plus tôt à la cantine. Cependant, la surveillante n'avait pas prévu de le laisser continuer de se morfondre sur son sort et surtout celui de ses haricots.

    Un coup de chaud? De toute évidence, si coup de chaud il y avait et, ce n'était pas lui la victime.

    — Non, mais les haricots peut-être.

    Un coup de poivre? Ca lui arrivait parfois d'en sniffer par mégarde mais.. Pas cette fois.

    — Non plus, mais j'ai peut-être abusé du poivre dans les haricots.

    Coupé avec un couteau? Plutôt habile de ses dix doigts - bien que jamais à l'abri d'un accident, il n'en avait pas été victime.

    — Non. Les haricots non plus.

    Le champ des possibilités quant à l'échec cuisant de son repas du midi s'ouvrait à lui, rendant l'introspection plus dure encore sur ce qu'il avait bien pu louper cette fois. Il s'enfonça un peu plus dans son siège carton de fortune, le regard vers le sol comme si la poussière allait réveiller en lui une subite illumination.

    Subite illumination qui se produisit. Ne jamais sous-estimer la capacité qu'un par-terre grisâtre dans un débarras mal éclairé pouvait avoir. Il leva lentement la tête, les yeux plissés, fixant la jeune femme face à lui dans les yeux. Comment avait-il fait pour ne pas y avoir pensé plus tôt? Il leva la main et la posa sur une de celles de Mozart qui trônait sur son épaule.

    — Mozart, j'ai besoin que tu sois sincère avec moi.

    S'il pouvait bien faire confiance à quelqu'un, c'était à elle. Elle avait goûté à ses haricots et il n'y avait qu'elle qui pouvait lui répondre en toute objectivité sur la saveur ignoble - ou pas, qui sait - qu'ils auraient pu avoir. Parce que de tous ses collègues, Mozart faisait partie des rares à ne pas avoir l'air de le craindre, lui et sa moue bougonne en toute occasion.

    — Mes haricots, tu les as trouvés comment?

    Vendredi 21 Janvier à 15:14
    Cafevy

    mozart hanschmann ;

    Accroupie sur un sol grisâtre immaculé, les mains fermement posées sur de rares épaules qui ne tressaillaient jamais aux poignées solides d'une jeune femme qui ne contrôlait jamais tout à fait sa force (quand il ne s'agissait pas des excès de joies incontrôlables qui la saisissait, parfois bien trop tôt au petit matin et qui agaçait bon nombre de ses collègues), Mozart analysait d'une discrétion toute relative la moindre expression qu'elle pouvait lire sur le visage de son ami. Ça n'avait pas l'air d'aller fort. Ça avait même l'air d'aller plutôt mal, si elle en croyait une expérience faramineuse lorsqu'il en venait aux inflictions humaines (et pas que). Des questions sans queue ni tête pour tenter de discerner le nœud du problème, le cœur de ses inquiétudes, son petit doigt lui disait finalement que les haricots étaient peut-être un point important dans l'histoire qu'on voulait lui compter.

    Un petit doigt qui s'appelait Floyd, quand il était bien plus petit que doigt. Simple réflexion qu'elle avait pu se faire, après cout, en plissant les yeux. Les haricots. Les haricots. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir, avec ces foutus haricots ? Renate n'avait pas eu l'air de s'en intéresser, quand elle était une enfant particulièrement capricieuse (lorsque sa mère préférait dire qu'elle avait un fort caractère, comme ses parents) qui préférait étonnamment l'amertume des mousses au chocolat à l'aspect peu ragoutant de haricots.

    Prête à lui sortir quelques unes de ses phrases dont elle avait le secret, Mozart fut prise de cours à cette main qui se glissait sur la sienne. C'était pas le moment de jouer les potiches troublées par quelques proximités qu'elle avait elle même intimé, qu'elle perpétuait à longueurs de temps en empiétant sur l'espace personnel de tout un chacun, et pourtant, c'était bien ce qui lui était arrivée, l'espace d'une seconde. Le temps de se reprendre, à l'air franchement maussade qu'on lui servait et de peser tout le sérieux de la situation. Il avait beau ne pas être très commode, Floyd, aux premiers abords, mais des têtes comme ça, de six pieds de longs, c'était pas ce qu'elle préférait voir sur son visage.

    — Mozart, j'ai besoin que tu sois sincère avec moi.

    Mission acceptée. Mozart lui devait bien ça, au cantinier qui faisait battre un cœur qui battait déjà bien trop vite en temps normal. Puis c'était pas son genre, non plus, de mentir. C'était plutôt son genre de cracher une vérité franche et sincère à qui voulait bien l'entendre, quitte à frapper par cette honnêteté qui la caractérisait. Peut-être pour cette raison qu'on ne la supportait, parfois, pas. Certainement. Mais la jeune femme avait d'autre chats à fouetter, et se fichait bien de ce qu'on pouvait penser d'elle. Enfin. Du moment que ses amis l'appréciait (et que Floyd, aussi), tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

    — Mes haricots, tu les as trouvés comment?

    Sentence irrévocable, il était temps pour eux de dénouer le nœud qui se formait dans l'esprit agité du cuisinier. Plantant deux pommes vertes dans l'air désespéré qu'arborait l'homme en face d'elle, Mozart resserrait sa prise sur ses épaules, histoire de le réconforter. Parce qu'il avait quand même sacrément besoin d'un câlin, d'après la fine analyse psychologique d'une pionne un peu trop encline aux étreintes et accolades amicales.

    Les haricots ?

    Apparemment, elle avait vu juste, la brune, et c'était bien un problème de haricot, qui chafouinait son cher et tendre collègue. Plus cher que tendre, certes, mais c'était du pareil au même, de toute façon.

    Ils étaient parfaits tes haricots !

    Bon. Peut-être pas aussi que leur préparateur, mais là n'était pas la question.

    — Qu'est-ce qu'ils pourraient avoir, tes haricots ?

    Putain, Mozart n'aurait jamais cru autant prononcer ce foutu mot. Haricots. Et puis pourquoi est-ce qu'on les appelaient comme ça, aussi. Des haricots.

    — Puis c'est toi qui les a cuisiné ! Alors forcément qu'ils sont parfaits !

    Un large sourire sur les lèvres, du genre qu'elle servait à tout un chacun pour leur remonter le moral, pour leur témoigner une joie de vivre agaçante au possible qui donnait parfois envie de se recoucher, épuisante, Mozart ou l’innocence même d'une sincérité affligeante, sans arrière pensée.

    Enfin, elle en avait bien, quelques arrières pensées, au sujet de Floyd, mais jamais aucune n'avait motivé son comportement à son chevet. Bien au contraire.

    — Alors ressaisi toi ! C'est pas quatre haricots qui se courent après qui vont avoir raison de toi, si ?

    Cheerleader. Mozart aurait probablement du être cheerleader, dans une autre vie. Puis la grâce, ça la connaissait quand elle avait pu perdre de sa superbe, avec le temps.

    Dimanche 20 Mars à 17:49
    Upside

    Floyd Presley:

    À mesure qu'il racontait sa détresse à Mozart, il voyait son air sérieux l'écouter. Toujours d'une oreille attentive, elle était réellement quelqu'un sur qui il savait qu'il pouvait compter. Sa présence inopinée dans les moments durs, cette positivité, cette bouffée d'air frais, elle était la femme de la situation quoi qu'il arrivait. Il avait senti sa poigne se resserrer, la fermeté des mots qu'elle allait lui annoncer était redoutée mais il n'y avait sûrement qu'elle pour trouver quoi lui dire, lui rendre la raison.

    Les yeux rivés sur les siens, il attendait qu'elle le baigne dans sa sagesse.

    - Les haricots?

    Il hocha doucement la tête d'un air contrit.

    - Ils étaient parfaits tes haricot !

    Le cantinier leva les yeux d'un air surpris vers elle. Ses haricots étaient parfaits? Malgré la terrible critique qui en avait été faite? C'était une flèche dans cœur qu'il s'était pris, il n'y avait pas plus belle chose qu'on aurait pu lui dire. Elle renchérit sur le fait que c'était lui, lui-même, qui les avaient cuisinés. L'émotion, l'émotion s'éprenait de lui, ses sourcils se courbèrent un peu tandis qu'il hochait doucement la tête. Il était ému, la confiance qu'elle avait mis dans sa cuisine et la confiance qu'elle continuait de lui accorder après avoir mangé jour après chacun de ses repas à la cantine. C'était beau, c'était important, c'était une force incroyable que la surveillante avait insufflé dans le cantinier.

    Elle avait raison Mozart, comme à peu près un bon nombre de fois, c'était des haricots. De simples haricots. S'il se laissait avoir par des haricots qu'est-ce qu'il allait devenir, sa carrière, son futur.. Il fallait qu'il se ressaisissent. Son hochement de tête se fit plus ferme et ses sourcils se froncèrent.

    - T'as raison. Je peux pas me laisser faire par des haricots comme ça.

    Et vu les louanges de sa collègue, aucun doute sur la qualité de ses haricots.

    - C'est ptet juste ce gamin qui a des goûts à chier.

    Puisqu'au final c'était le seul qui avait osé faire un commentaire à voix haute comme ça. C'était donc ça être talentueux, devoir faire face aux haters.

     




    Vous devez être membre pour poster un message.